On oublie trop souvent que les 7 nains, avant de consacrer leur risible existence à entretenir l'albinos frigide, étaient de vaillants mineurs. Et pour cela, ils méritent notre respect le plus absolu. Ce d'autant qu'ils sifflaient en allant miner...
Tel était l'état de nos passionantes réflexions en ressortant, sains et saufs, des mines de Potosí, où, putain, on a encore bien cru qu'on allait tous y rester.
En effet, après nous être levés de bon matin pour aller affronter avec un courage très relatif le dédale tortueux et toxique (silice, souffre,...) des galeries percées depuis 5 siècles dans le Cerro Rico (ce qui le fait ressembler à une gigantesque termitière), nous faisons connaissance avec notre groupe et le guide, Pedro, qui préfère qu'on l'appelle Roi Scorpion (on le comprend).
Il nous annonce, avec des trémolos dans la voix, que nous sommes le meilleur groupe, que les autres groupes vont vouloir nous tuer à coup de dynamite mais que, comme nous sommes les plus forts ("¡ los mejores gringuitos de mi vida !"), c'est nous qui allons les occire à coup d'explosif. Galvanisés par cette causerie exaltante, nous jettons un oeil aux membres de notre groupe de choc... hum !! en termes de mercenaires d'élite, il faudra repasser. Je cite en vrac : deux Irlandaises, tâches de rousseur et dents de lapin (que nous appellerons Bugs et Bunny pour la suite du récit), une australienne affligée du syndrome de la bouteille d'Orangina (Orangina), et une anglaise (beurk !!) rousse et à moitié chauve (Pudding).
D'un coup, on est moins confiants...
Pas de panique cependant, on va mettre à profit les attributs de chacun afin de surprendre les autres groupes :
- Nous cacherons les batons de dynamite entre les énormes fesses d'Orangina.
- Bugs et Bunny rongeront la roche pour permettre à notre char d'assaut de passer par les boyeaux les plus étroits.
- Enfin, Pudding fermera la marche afin que nous puissions l'abandonner en pâture aux prédateurs en cas de coup dur (à l'instar des vieillards dans les tribus de primates).
Tel était l'état de nos passionantes réflexions en ressortant, sains et saufs, des mines de Potosí, où, putain, on a encore bien cru qu'on allait tous y rester.
En effet, après nous être levés de bon matin pour aller affronter avec un courage très relatif le dédale tortueux et toxique (silice, souffre,...) des galeries percées depuis 5 siècles dans le Cerro Rico (ce qui le fait ressembler à une gigantesque termitière), nous faisons connaissance avec notre groupe et le guide, Pedro, qui préfère qu'on l'appelle Roi Scorpion (on le comprend).
Il nous annonce, avec des trémolos dans la voix, que nous sommes le meilleur groupe, que les autres groupes vont vouloir nous tuer à coup de dynamite mais que, comme nous sommes les plus forts ("¡ los mejores gringuitos de mi vida !"), c'est nous qui allons les occire à coup d'explosif. Galvanisés par cette causerie exaltante, nous jettons un oeil aux membres de notre groupe de choc... hum !! en termes de mercenaires d'élite, il faudra repasser. Je cite en vrac : deux Irlandaises, tâches de rousseur et dents de lapin (que nous appellerons Bugs et Bunny pour la suite du récit), une australienne affligée du syndrome de la bouteille d'Orangina (Orangina), et une anglaise (beurk !!) rousse et à moitié chauve (Pudding).
D'un coup, on est moins confiants...
Pas de panique cependant, on va mettre à profit les attributs de chacun afin de surprendre les autres groupes :
- Nous cacherons les batons de dynamite entre les énormes fesses d'Orangina.
- Bugs et Bunny rongeront la roche pour permettre à notre char d'assaut de passer par les boyeaux les plus étroits.
- Enfin, Pudding fermera la marche afin que nous puissions l'abandonner en pâture aux prédateurs en cas de coup dur (à l'instar des vieillards dans les tribus de primates).
La stratégie ainsi établie, il s'agit désormais de s'équiper : casque, lampe frontale, pantalon, veste et bottes en caoutchouc... La panoplie du parfait petit éboueur, sans oublier les batons de dynamite, la nitroglycérine et le masque de nuit Air France, prouvé très efficace pour filtrer silicates et monoxyde de carbone. J'aime autant vous dire qu'on a fière allure (sans vous parler de la dégaine de nos consternantes équipières).
On prend une gorgée de la boisson favorite des mineurs : de l'alcool de canne à sucre "potable" à 96 degrés (origine probable de l'expression "se coller une mine") ! Après ça, on se sent beaucoup moins anxieux (presque téméraires) pour affronter "El Tío", dieu/diable des mineurs, espèce de monstre doté d'une impressionante érection, idolâtré au fond d'une galerie.

On est donc partis pour 2h à ramper dans des tunnels creusés au fil des ans à la dynamite et dont les poutres de soutien n'inspirent qu'une confiance très relative. N'oublions pas qu'il fait 35 degrés, que nous sommes à 4100 mètres d'altitude et que l'air est suffocant, ce qui rend la progression dans la mine très pénible. On mâche de la feuille de coca en quantité industrielle pour tenir le coup. On s'enfonce à 150 mètres à l'intérieur de la mine puis on descend au niveau inférieur, 60 mètres plus bas. Tout cela pliés en deux, voire rampant dans le souffre (pas recommandé à nos amis claustros). Tout au fond, nous rencontrons un mineur, couvert de sueur, de boue et de substances toxiques qui s'apprête à s'ouvrir une brèche à la dynamite. Nous le couvrons de présents somptuaires (soda, feuilles de coca, dynamite) afin qu'il nous épargne. A notre grand soulagement, il y consent et nous pouvons rebrousser chemin jusqu'à l'air libre. Ouf, on a survécu... pourtant, on a encore bien cru qu'on allait tous y rester.
Le temps pour les guides de nous faire une petite démonstration d'explosion de dynamite (ça ressemble à un gros bâton de wasabi) boostée à la nitroglycérine et on rentre à l'hôtel El Turista (qui porte si bien son nom).
Ce qui est très impressionant, c'est de voir les conditions de travail atroces des mineurs (dont l'espérance de vie ne dépasse pas 45 ans) qui ne se sont presque pas améliorées depuis le XVIè siècle... On se demande aussi comment cette montagne fait pour tenir encore debout avec les innombrables galeries qui y sont percées chaque jour. Comme disait Coluche, "plus y'a de gruyère, plus y'a de trous et puis plus y'a de trous, bah, moins y'a de gruyère".
Allez, "Hay Hi Hay Ho", salut les nains des mines !
L&J
3 comments:
Morte de rire en lisant ce post !!!
... Et dire vous appelez ça des "vacances", et qu'en plus vous avez payé pour !!!
Titi, c'est absolument ravissant la tenue intégrale locale -visible dans le post précédent- : poncho, bonnet et gants... mais je parie que t'auras jamais le cran de la remettre à Paris pour aller bosser !
Allez, chiche ?!
Mil biz et à bientôt,
Loli & Co
Pareil ! ^^
Me rapelle le kawaidjen c't'histoire d'esperance de vie de 45 ans..
Impressionant l'explosion de dynamite ?
Z'avez essayé de refiler Pudding a l'Affreux Mineur ? Peut-être pour pouvoir conserver le soda..
Je pensais trouver une autre idée pour le titre, mais ça me fait vraiment penser à Vol au dessus d'un nid de coucou.. question de sonorité sans doute !
Encore des aventures !!!
Bonsoir, nous sommes bien loin de vos deux voyages en Inde et en Bolivie, 2006 et 2007. Je viens de passer un long moment à découvrir vos deux sites, maintenant que les adresses sur GEO ont été modifiées. Vous savez ce que je pense de vos photos, de vos talents incontestables de photographes. Je découvre avec bonheur que vous écrivez aussi, pour moi l'un ne va pas sans l'autre. Peut-être conjuguez vous ces mots à quatre mains. Nouvellement installé sur Geo, je vous promets d'autres compliments aussi enthousiastes, aussi chaleureux que les miens. Le plus sur vos deux sites, c'est de ressentir cette joie communicative, cette insouciance, cette liberté. Pour conclure j'écris ici les mots que prononcent Karen Blixen dans Out of Africa alors qu'elle s'apprète à quitter le Kenia : "A la robe pourpre, à la folle jeunesse". Je crois sincèrement que ces quelques mots vous vont à ravir à tous les deux. Amicalement. Micheline
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